C'est le portail d'information Rue89 qui publie cette fois le témoignage d'un créateur d'entreprise ayant fini par déposer les armes face aux arcanes de l'administration française.

Comment la France a tué mon envie d'entreprendre

http://eco.rue89.com/2010/12/05/comment-la-france-a-tue-mon-envie-dentreprendre-178654

Témoignage à la fois naïf et désabusé sur les expériences de création d'entreprise puis de gestion administrative, charges, taxes, relances, incompréhensions administratives, incohérences... accompagnées par le lot inhérent à toute "machine" de la fonction publique  et/ou de la bureaucratie en général : inertie et retards de traitement (et avec le non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, qu'est-ce que cela va donner ?), automatisation des processus rendant difficile toute gestion ou intervention "humaine", manque de communication entre différentes administrations et organismes, désinformation ou manque de formation des acteurs de la chaîne, etc

L'ex-entrepreneur présente son expérience malheureuse en a peu près 8 000 mots, sous forme d'un article qu'il a posté lui-même sur le site pré-cité.

Et c'est là ce qui me pose problème. Après quelques recherches rapides sur le net, je trouve un quidam dont l'identité, l'âge et la localisation pourraient correspondre à celui qui témoigne "à cœur ouvert".

Ce que je trouve sur le personnage ne colle pas vraiment avec le ton de l'article. Si vous l'avez lu, vous me comprenez sûrement : il s'agit de quelqu'un qui se plaint, et qui pourtant semble tendre la perche pour se faire battre (décide de se lancer sans grandes compétences - c'est pour cela qu'il envisage de suivre une formation longue et reconnue -, sans grande expérience dans son domaine, sans savoir-être : commercial, gestionnaire, entrepreneur...)

Cela me semble trop caricatural pour être vrai.

Pourtant, les quelques 340 (et plus à venir) commentaires amassés en une seule journée (depuis le 5 décembre aux alentours de midi, date de publication, à aujourd'hui Cf. date du billet) ne semblent pas voir plus loin et répondent au premier degré : compréhension et compassion d'entrepreneurs ayant traversé le même enfer, soutien psychologique des bonnes âmes, proposition de rendez-vous dans le cade de recrutement, ironie et remarques acides d'individus plus malins, conseils de tous ordres, c'est un véritable fourre-tout de spontanéité et d'immédiateté. On trouve notamment dans les commentaires des "conseils" et "astuces" de tous ordres, parfois complètement faux et erronés (surtout relatifs au choix du statut qu'il aurait du faire); bref de tout et son contraire.

D'autres tirent carrément à boulet de canon et démontent sans pitié et pièce par pièce le témoignage du malheureux :

http://comite-de-salut-public.blogspot.com/2010/12/jaurais-voulu-etre-un-patrooooooonnn.html

Mais je n'y crois pas.

Trop gros, avec des réponses toujours aussi candides de l'entrepreneur à certains commentaires à la limite de l'insulte. Pour moi, il s'agit d'un test. Un coup de buzz. Depuis qu'il dit avoir cessé son activité d'entrepreneur, il a acquis de nouvelles compétences, et semble être salarié. En tous cas, son histoire est à mon avis trop "originale" pour être révélatrice, et ne devrait en tout état de cause pas connaître l'engouement qu'elle rencontre sur les réseaux sociaux, car c'est un cas extrême.