Le billet précédent, Témoignage d'un entrepreneur ayant essuyé les plâtres de la création d'entreprise, a suscité de nombreuses réactions sur différents forums et sur ce site. J'ai le jour même de sa publication cherché à contacter l'auteur de ce témoignage, qui m'a répondu très cordialement que tout ceci était vrai et vécu.

Face à la naïveté ou à la crédulité dont cet entrepreneur a fait preuve, je ne peux que recommander fortement toutes les initiatives actuelles qui accompagnent le porteur de projet : structures d'accompagnement comme les Boutiques de Gestion, les conseils dispensés à la CCI, à la maison de la création, sur les différents sites (l'APCE en tête), ou lors d'initiatives comme les Petits Déjeuners de la Création / Reprise organisés à l'Agence Interconsulaire d'Ancenis. Toutes ces actions sont justement là pour éclairer le créateur/entrepreneur sur le parcours de la création d'entreprise, et réduire au maximum les échecs, dont le témoignage sus-cité est vraiment caricatural.

Informez-vous !

J'en suis moi-même à ma seconde création d'entreprise. La première fois que j'ai "créé ma boîte", en 1995, je suis parti (trop) vite, sans m'entourer de spécialistes ni réfléchir à tous les aspects qu'implique une direction d'entreprise. J'ai cessé, par choix, après 3 ans d'activité : j'étais mal parti, il aurait fallu réinjecter des capitaux en communication, en renouvèlement de licences et autres frais que je n'avais ni prévu ni incorporé dans mes prévisionnels ou budgets trésorerie.

J'ai également connu certains des déboires relatés par Alexandre Denjean, plus d'autres, tout comme j'ai testé l'inertie de certaines bureaucraties (mon régime santé n'a été mis à jour qu'au bout de... 3 années après la radiation de mon entreprise). Et après ? Je n'irai pas m'en plaindre, car dans (presque) la totalité des cas, j'étais fautif. Pour les exceptions (erreurs ou aberrations bureaucratiques), eh bien... nul n'est parfait, et l'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs, surtout si l'on considère l'ensemble des facteurs qui entrent en compte dans le choix de vie qu'est la création d'entreprise.

En 2010, je trouve que l'information et l'accompagnement sont encore plus présents et accessibles, et que ce genre de témoignage ne devrait plus se produire.

L'information est richesse (business). Il ne faut pas se contenter des rumeurs, mythes urbains et autres sirènes médiatiques louant les mérites de tel ou tel statut !

Je ne cherche pas à minimiser les conséquences que des échecs peuvent produire sur l'individu créateur d'entreprise, tout comme je ne tourne nullement en dérision le témoignage de cet ex-entrepreneur. Ma réaction, au vu des commentaires laissés sur le site Rue89 qui publie ce témoignage - le compteur affiche aujourd'hui (cf. date de publication de ce billet) 469 réactions - montre que le sujet (créer son  entreprise) est on ne peut plus d'actualité en France, et qu'il suscite des émotions très contrastées, dont on ne peut pas vraiment tirer (bon) conseil : faut-il croire les pessimistes qui conseillent de monter sa boîte à l'étranger ? Ceux qui rejettent entièrement la faute sur l'entrepreneur malheureux ? Ceux qui donnent des conseils sans aucun recul ? Encore une fois, l'infobesité à frappé...

Pour démêler le vrai du faux et trouver l'information qui correspond à chaque profil particulier, il faut faire la démarche d'aller la chercher. CQFD.

A bon entendeur...

Yann